
Les Cheetahs à Bayonne : qui sont ces Sud-Africains qui débarquent à Jean-Dauger ?
9 Octobre 2026Pour son entrée en Challenge Cup, le dimanche 18 octobre (14h), l’Aviron Bayonnais reçoit un adversaire pas vraiment comme les autres. Les Toyota Cheetahs arrivent de Bloemfontein, au cœur de l’Afrique du Sud, avec dans leurs rangs un double champion du monde et une vraie expérience des joutes européennes. Voici ce qu’il faut savoir avant de les découvrir à Jean-Dauger.
Les Cheetahs, c’est quoi au juste ?
Pour le public de Jean-Dauger, le nom peut paraître exotique. Pourtant, les Cheetahs sont une institution du rugby sud-africain. La franchise représente la province du Free State, dont la capitale est Bloemfontein. Une ville située dans le centre du pays, à plusieurs milliers de kilomètres du Pays basque, mais où le rugby occupe une place de choix.
Depuis sa création en 1895, la province s’est construit une solide réputation auprès de la nation arc-en-ciel et notamment en Currie Cup, le championnat historique des provinces. Les Cheetahs ont remporté cette compétition à plusieurs reprises, en 1976, 2005, 2006, 2007, 2016, 2019 et 2023.
Surtout, Bloemfontein est une terre de formation. Plusieurs joueurs passés par les Cheetahs ont ensuite porté le maillot des Springboks, comme Duane Vermeulen, Trevor Nyakane, Lood de Jager, Ruan Pienaar, Frans Steyn, Os du Randt, Juan Smith, Ox Nché, Willie le Roux… Une caractéristique qui colle bien à l’identité de la franchise : former, faire progresser et donner sa chance aux joueurs du cru.
Deux anciens Springboks aux commandes
Sur le banc aussi, les Cheetahs peuvent compter sur du très lourd. Frans Steyn (78 sélections) est désormais l’homme fort du staff. Double champion du monde avec les Springboks en 2007 et 2019, l’ancien utility-back a troqué le maillot pour le costume d’entraîneur principal.
À ses côtés, Ruan Pienaar (88 sélections) s’occupe des lignes arrières. Lui aussi champion du monde en 2007, l’ancien demi de mêlée du Racing 92 et de Montpellier a raccroché les crampons pour se lancer dans le coaching.
Les deux hommes se connaissent parfaitement : ils ont porté ensemble le maillot de l’Afrique du Sud, ils ont décroché le Graal et ont désormais pour mission de transmettre leur expérience à la nouvelle génération du Free State.
Une invitation plutôt qu'une qualification
Si l’Aviron découvre les Cheetahs, les Cheetahs, eux, connaissent déjà plutôt bien les clubs français. C’est l’une des particularités de cette équipe. Ils ne participent pas à la Challenge Cup parce qu’ils évoluent dans un championnat européen. Ils bénéficient d'une invitation de l’EPCR, l’organisateur des compétitions européennes.
Après avoir longtemps évolué dans le Super Rugby, la franchise avait rejoint le Pro 14, ancêtre de l’actuel United Rugby Championship, en 2017. Mais l’aventure a finalement pris fin trois ans plus tard. Depuis, les Cheetahs ont retrouvé les compétitions sud-africaines. Cette Wild Card leur permet de continuer à se mesurer aux clubs européens, malgré leur retour dans leur championnat domestique.
Pour répondre aux exigences de l’EPCR, la franchise dispose néanmoins d’une base européenne à Swansea (Pays de Galles) cette saison, après plusieurs années à Amsterdam. Une situation pour le moins originale.
Une équipe qui connaît déjà l’Hexagone
Les Cheetahs ont rapidement pris goût à la Challenge Cup. Invités pour la première fois lors de l’édition 2022/2023, ils ont atteint les huitièmes de finale lors de leurs deux premières participations.
En 2023, leur parcours s’était arrêté à Toulon. Les Sud-africains avaient résisté une bonne partie de la rencontre avant de s’incliner 36-21 au stade Mayol. Un an plus tard, rebelote.
Les Cheetahs franchissent la phase de poules et se retrouvent à Clermont. Au stade Marcel-Michelin, ils ne passent pas loin de l’exploit mais s’inclinent finalement 27-22.
Deux expériences qui donnent le ton : les Cheetahs sont capables de voyager, de s’adapter et surtout de poser des problèmes aux formations françaises.
Deuxièmes de Currie Cup, mais éliminés aux portes de la finale
Les Cheetahs sortent d’une Currie Cup 2026 solide, même si leur parcours s’est arrêté juste avant la finale, début septembre dernier. Après les sept journées de la phase régulière, les hommes de Frans Steyn ont terminé deuxièmes, derrière les Griquas, avec cinq victoires en sept matches et 27 points au classement.
Ils avaient notamment signé plusieurs succès offensifs et décroché l’avantage du terrain pour leur demi-finale. Mais les Cheetahs ont connu une fin de championnat plus compliquée. Battus 52 à 26 par les Pumas lors de la dernière journée, ils ont retrouvé ces mêmes Pumas en demi-finale une semaine plus tard. À Bloemfontein, ils se sont cette fois inclinés de peu : 27 - 24, abandonnant leur billet pour la finale.
Les Griquas ont finalement conservé le trophée en triomphant sur le score de 23 à 16.
Un champion du monde pour guider les Cheetahs
Il y aura forcément un œil à garder sur lui. Ce n’est pas Rob du Preez, son ancien coéquipier aux Sale Sharks, qui dira le contraire. À 34 ans, le nom de Faf de Klerk ne passe pas inaperçu dans l’effectif des Cheetahs.
Le demi de mêlée sud-africain possède en effet un CV qui ferait pâlir bon nombre de ses adversaires. Avec les Springboks, il compte pas moins de 60 sélections et surtout deux titres de champion du monde, remportés en 2019 et en 2023.
Son arrivée à Bloemfontein apporte une sacrée dose d’expérience à une équipe qui s’appuie largement sur les joueurs issus du Free State. Et Faf de Klerk, fidèle à son image, n’est pas du genre à rester tranquillement dans son coin.
Dynamiteur du jeu, agressif en défense et capable de mettre beaucoup de vitesse dans les sorties de balle, il sera l’un des joueurs à surveiller pour les Bayonnais.
Un adversaire qui devrait parler à Jean-Dauger
C’est finalement ce qui rend cette affiche intéressante. D’un côté, un Aviron qui va chercher à faire de la Challenge Cup une vraie aventure européenne. De l’autre, une équipe sud-africaine qui possède une culture du combat bien connue, mais qui aime également produire du jeu.
Les Cheetahs ne viennent pas faire du tourisme à Bayonne. Ils arriveront avec leurs jeunes talents du Free State, leur expérience de la compétition et un certain Faf de Klerk pour mettre tout ce petit monde en musique.
Bloemfontein contre Bayonne, le Free State contre le Pays basque : pour lancer sa campagne européenne, Jean-Dauger aura droit à une affiche qui sent bon le voyage.”


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