25 nov. 2021 - 16:06

Sireli Maqala : "J'ai hâte d'être à Vendredi soir"

Sireli Maqala : 'J'ai hâte d'être à Vendredi soir'
Première titularisation pour Maqala à Oyonnax où il n'était pas loin d'ouvrir son compteur

deuxième titularisation au centre

Pour sa première interview depuis son arrivée en France, le 2 octobre dernier, Sireli Maqala ne cache pas son excitation à l’idée de disputer son premier match à Jean-Dauger, contre Carcassonne ce vendredi soir. Souvent souriante et joviale, la jeune recrue fidjienne (21 ans) a paru déterminé !

Le public bayonnais vous a attendu longtemps, et après vos débuts à Oyonnax, le 18 novembre, il va enfin pouvoir vous accueillir à Jean-Dauger, vendredi…

Je suis très excité à l’idée de jouer pour la 1ere fois dans notre stade, devant nos supporters. Il y a 3 semaines, 3 jours après mon arrivée en France, j’ai beaucoup apprécié l’ambiance avant le match contre Mont-de-Marsan. Toute cette foule qui chante, qui encourage, qui crie… Cela m’a rappelé les matches aux Fidji où c’est assez similaire. Les gens sont joyeux. Contre Mont-de-Marsan je me suis dit intérieurement : «J’espère que ce sera pareil quand moi je vais jouer ! »

Qu’avez-vous ressenti ce soir-là ?

Il y a eu la déception de la défaite bien sûr (14-33). Mais ça m’a surtout donné envie de m’entrainer dur, afin d’être retenu parmi les 23 choisis pour le match suivant. On jouait 15 jours après, à Oyonnax. Globalement, de toute façon, c’est cela qui me guidera toujours. M’entrainer dur en début de semaine et être choisi pour jouer en fin de semaine, tous les week-ends. Et mon premier objectif, bien sûr, c’est d’aider l’équipe à retrouver le Top 14.

 

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Le public un peu plus averti vous a découvert pendant les Jeux Olympiques à Tokyo. Mais la grande majorité ne vous connaissait pas du tout. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

Je suis né à Labasa, sur l’Île de Vanua Levu, qui est la 2eme île la plus importante de notre archipel. La première, c’est Viti Levu, sur laquelle se situe Suva, la capitale.  Ma famille vit à Labasa. C’est là-bas que je suis né, que j’ai grandi, que j’ai commencé à jouer au rugby. C’est là-bas aussi que quelques années plus tard, je me suis dit pour la première fois qu’un jour, j’irais jouer comme professionnel à l’étranger. A 18 ans, je suis parti à Suva pour poursuivre les études et continuer à grandir comme joueur de rugby. J’ai joué au Nabua Club en moins de 19, puis au Suva Club en moins de 20 ans, et en même temps je suis passé au Sevens, et je suis devenu Champion Olympique il y a 4 mois.

Et vous avez marqué le second essai fidjien en finale contre la Nouvelle-Zélande (27-12). Vous rendez-vous compte de ce qui vous est arrivé ? Champion Olympique à 21 ans…

Beaucoup de gens me disent : «Mais tu te rends compte que ce que tu as fait est immense ?. Tu n’as que 21 ans et tu es Champion Olympique ». Et c’est vrai que c’est énorme quand j’y repense. Et en plus, au côté de mon joueur fidjien préféré, Semi Radradra ! Lui il vient de Tauveni, une île pas très loin, mais plus petite, que Vanua Levu.  

Quels sont les joueurs fidjiens dont vous êtes les plus proches ?

Deux jeunes joueurs comme moi, qui ont 20 ans, qui jouent en France aussi. Il y a Alivereti Loaloa, qui est à Nevers en Pro D2, et Taniela Ramasibama, qui est à Perpignan en Top 14. On se connaît du milieu scolaire et du rugby. On jouait ensemble en moins de 20 ans.

Vous dîtes avoir toujours voulu jouer à l’étranger. Mais pourquoi l’Europe ? Pourquoi la France ? Vous avez demandé conseil à des joueurs fidjiens, qui, eux, connaissaient le championnat français ?

J’en ai parlé avec Botitu (trois-quarts centre de Castres), qui a vécu le titre de Champion Olympique, comme moi. Lui, il avait déjà l’expérience de Castres. Il m’a dit : «Vas y ! Va en France, c’est très bien pour toi, pour ta carrière ».  Je suis encore très jeune, je n’ai que 21 ans.

"Après les JO, je suis rentré assez vite à SUVA pour reprendre l'entrainement car je savais que j'allais venir à Bayonne, je n'ai jamais changé d'avis"

Et vous avez choisi Bayonne. Pourquoi ? Comment ?

Parce qu’après les Jeux Olympiques, le 1er club qui m’a approché et proposé un contrat, c’est Bayonne ! Donc j’ai dit oui, et j’ai signé.

Sans hésiter ? Sans vous renseigner ? Vous ne vous êtes pas dit que pourriez jouer en Top 14 ?

Non. A vrai dire, la première chose que j’ai faite c’est d’informer mes parents. Je les ai appelés, je leur ai dit, et ils m’ont répondu : «Signe le contrat !». Mais quand même, après, la 1ere question que j’ai posée à l’agent, c’est : «Y-a-t-il un autre fidjien dans l’équipe ? »

Et on vous a parlé de Joe Ravouvou ?

Oui. Et sa présence est précieuse pour mon intégration. Déjà, depuis mon arrivée, je vis encore chez lui en attendant de trouver un logement. Sa présence est importante. Dès les premiers jours, il m’a expliqué le fonctionnement du club au niveau sportif, comment était organisée la semaine d’entrainement, les réunions. C’est bon pour moi de découvrir une nouvelle vie. Une nouvelle ville, un nouveau logement, de nouveaux partenaires d’entraînements

Un peu plus de quinze jours après votre arrivée vous étiez titularisé à Oyonnax. Qu’avez-vous ressenti ce soir-là ?

C’était vraiment un match très dur (30-21). Mais j’étais content quand même d’avoir repris la compétition. J’ai vraiment apprécié. Je n’avais plus joué depuis trois mois et demi, depuis la finale des Jeux Olympiques (28 juilllet).

Et reprendre l’entraînement, retrouver la compétition après un si long arrêt, ce n’était pas trop difficile ?

Non, non. Quand je suis rentré aux Fidji, après les JO, j’ai coupé 3 semaines seulement, je suis resté en famille à Labasa. Mais je suis rentré assez vite à Suva pour reprendre l’entraînement car je savais que j’allais repartir pour Bayonne. Je n’ai jamais changé d’avis. Donc, il fallait m’entretenir. Et même pendant ces trois semaines en famille, à Labasa, je marchais, ou je courais, chaque matin. 1h30 de marche ou 45 minutes de footing. Et ensuite je profitais de la salle de sport qu’on a installé chez mes parents. Je n’ai jamais vraiment coupé l’entraînement.

Vous avez fait vos débuts à Oyonnax au centre, quel est poste préféré à quinze ?

Trois-quarts centre. Et si les entraineurs ont besoin de moi ailleurs, mon deuxième poste favori c’est arrière. C’est comme cela qu’on procédait aux Fidji.

Qu’est ce qui vous semble le plus difficile dans votre nouvelle vie française ?

La langue ! C’est très dur d’apprendre le Français. J’ai envie d’apprendre, c’est un de mes challenges à relever.  Donc, le plus difficile c’est votre langue (il rit longuement). Je prends des cours chaque semaine et évidement, je ne peux pas converser avec beaucoup de monde. Même si ici, au club, ça va bien sûr. Déjà, Yannick Bru, le coach, parle un très bon anglais comme de nombreux joueurs de l’effectif. Bien sûr, celui avec qui je parle le plus, c’est Joe (Ravouvou) mon compatriote. Sinon, il y a d’autres joueurs avec qui je peux échanger en Anglais, souvent des étrangers mais je ne connais pas encore tous les noms de famille ! Je suis arrivé il y a peu… (il réfléchit). Il y a Cassiem. Et Afa (Amosa).  Et le capitaine aussi. Mariano (Galarza), oui ! Les 2 talonneurs également (Ulugia et Van Jaarsveld) et le demi de mêlée aussi, Venter. Et chez les Français, il y a Yann David et Taeva Jacquelin qui parlent très bien. Et comme Yann (David) joue au centre à mon côté, c’est appréciable.  Et sinon, donc, quand je vais en ville, là c’est plus dur. Même si les gens ici sont très gentils avec moi. Vraiment, cette gentillesse des gens que je croise, ça me fait penser aux Fidji. Mais ils me parlent français ! Alors moi, je leur demande : «Do you speak english ? » Ils me répondent : «Un petit peu seulement…» (il rit longtemps à nouveau). OK… Alors je me débrouille avec l’application de traduction que j’ai sur le téléphone.

26 août 20H45
a domicile
Stade
Jean Dauger
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