02 juil 2020 22:43

14 JOUEURS ESPOIRS QUITTENT L'AVIRON BAYONNAIS

14 JOUEURS ESPOIRS QUITTENT L'AVIRON BAYONNAIS

Crédit Photo : Michel ETCHELET

 

Au bout de quelque chose qu'on aurait dû appeler saison, voici venu le temps de dire au revoir à certains grognards de nos campagnes passées, ils s'en vont vers d'autres cieux, d'autres couleurs, par choix ou non, parce que quelques-uns parmi eux ont atteint la limite d'âge d'une catégorie qui n'admet pas de ne plus avoir 20 ans pour la vie, cruelle nostalgie, mais on sait depuis Simone Signoret, qu'elle n'u....... 

Alors, à la fin de ce drôle de moment qu'on aurait voulu appeler saison, mais qui n'est qu'un ersatz de cette dernière, entrecoupé d'épidémies diverses, oreillons en novembre, covid en mars, si longue que rien n'a jamais repris, abandonnée notre 1ère place, zappée les 1/2 finales qui se profilait à l'horizon de mai, désintégrée l'idée d'un titre, il n'en restera qu'un fantasme, celui d'un bout de bois brandi à bout de bras et le bonheur qui va avec...

L'heure est à la remise des médailles, celles que l'on donne pour services rendus à la patrie, la médaille du jour était le maillot bleu et blanc, cadeau du club à ses serviteurs, paletot aux odeurs de sueur et de sang mêlés, ceux des victoires et des défaites, tout ce qui fait le rugby en somme...

Les récipiendaires du soir se nomment, par ordre alphabétique :

- Anthony Aguerre

- Patxi Bidart

- Mattin Bidegain

- Paul Bresolin

- Louis Castillon

- Tanguy Dutetre

- Nicolas Eranossian

- Pello Ezpelleta

- Andoni Goyhenetche

- Javier Meneses

(Enzo Camborde, Richard Castets, Vincent Dolier et Clément Loustau, absents étaient excusés)

On regrettera avec eux cette saison tronquée, volée par une pandémie du pangolin, cet animal inconnu qui est devenu une star des plateaux télés.

D'eux ils nous restera leurs prénoms et leurs surnoms, leurs faits d'armes, le rire des victoires et l'amertume des défaites, toujours douloureuses.

Certains sont là depuis l'école de rugby, d'autres nous ont rejoints plus tard, pour quelques saisons ou quelques mois.

Ils ont tous apporté leur courage et leurs valeurs, celles qui ne se galvaudent pas entre Nive et Adour, c'est une appellation d'origine contrôlée.

 

On se souviendra de l'Espagnol et de ses récits de légende dans l'arène à l'herbe verte, on évoquera untel qui l'épaule en vrac clamait Shakespeare avec l'accent de Cervantes, d'un autre au surnom de Boum Boum, capitaine au grand coeur et contrebandier de Navarre, on pensera aussi au petit maire de Sare salement blessé en Auvergne, on n'oubliera pas quand on boira un muscadet bien frais, ce colosse aux traits encore enfantins, arrivé un jour d'été avec ses parents, timide et réservé, mais heureusement cela n'a pas duré.

Patxi, l'enfant de Bayonne qui a passé des heures à s'entraîner pour chercher le meilleur, qu'il avait commencé à trouver cette année, Anthony et Paul, les discrets, toujours souriants et disponibles, Loulou du pays d'Amikuze continuant ses études à Bordeaux et sûrement, dans quelques temps, au pays de l'oncle Sam, il a prévu de réviser son Anglais avec Tanguy, le linguiste distingué, à la chevelure bien ordonnée.

Sans oublier Richard, Bayonnais entre tous, capitaine des Crabos 1/2 finaliste du championnat l'année dernière, devenu compagnon aux mains d'or, Lavilliers aurait pu écrire sa chronique, lui se contentera de la chanter, tout le répertoire de la chanson française ne sera pas de top, de Johnny à Sardou pour le plus grand plaisir de tous.

On terminera ce panégyrique par Vincent et le regret de cette saison inachevée, pour lui qui jouait de plus en plus, Javier et Enzo trop longtemps blessés et qui avaient dû se contenter de bout de match et enfin Clément aux jambes électriques et à la réserve toute béarnaise.

Pour conclure, je citerai Jean-Pierre Rives, qui avait dit :

"Le rugby, c'est l'histoire d'un ballon avec des copains autour et quand il n'y a plus de ballon, il reste les copains."

Je crois que c'est une jolie métaphore de notre sport et que tous ces jeunes joueurs en feront leur devise vieillissante.

Bon vent et bonne continuation à vous, de toute façon je suis sûr qu'on se reverra..

 

Texte : Pierre NAVARRON

 

 

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