21/11/2013 - Portrait: Jean Monribot, naturellement simple
Après plus de 10 saisons passées sous le maillot agenais, Jean Monribot (26 ans; 1,83m; 98 kg; troisième ligne aile) a rejoint l'Aviron Bayonnais l'été dernier. Rencontre avec un joueur qui peut se transformer en véritable poison sur un terrain

  • L'homme : naturellement simple

Je viens de Lalinde, dans le Périgord, un petit village entre Bergerac et Sarlat. Mon père a joué à Brive et Périgueux, j'ai commencé le rugby à 4 ans et demi, ce n'est pas que je n'avais pas le choix, c'était vraiment mon envie. Ce sport m'a de suite plu, j'étais un passionné fou. A l'école, quand au CP la maitresse me demandait ce que je voulais faire plus tard comme métier, je répondais rugbyman professionnel. C'est ce que je trouve beau : au départ c'était un rêve et il s'est accompli. Quand je discute avec les enfants qui viennent assister aux entraînements ou aux matches et qu'ils me confient vouloir à leur tour devenir des professionnels, je leur dis qu'avec le travail on peut y arriver.

  • Le joueur : naturellement flanker

J'ai toujours joué troisième ligne. On m'a bien essayé au centre un peu plus jeune mais depuis tout petit, même à Lalinde, je jouais numéro 8. Je suis un troisième ligne avec un petit gabarit, plutôt mobile, assez proche du ballon. Je colle, je plaque et j'essaye de gratter pour assurer la continuité du jeu, l'accélérer quand il le faut, assurer aussi le liant entre les avants et les trois quarts. J'adore me déplacer sur le terrain, être proche des zones de combat. Je fais partie des « pénibles » du championnat, ça veut aussi dire que je suis un peu plus ciblé par les arbitres : récemment, à l'issue du match à Paris, l'arbitre est venu me voir. « Quand je vous ai vu sur la feuille de match, m'a-t-il confié, je me suis dit, sur les zones d'affrontement ça va être pénible ». Sur ce match j'avais fait un choix de ne pas aller gratter les ballons mais c'est révélateur : les arbitres me surveillent. Il faut faire attention, à mon poste et vu mon jeu je peux aussi être énormément pénalisé.


  • Le profil: naturellement attaché

J'ai passé 11 ans à Agen, à 18 ans les entraîneurs me nommaient capitaine de l'équipe : quelque part, j'ai été amoureux de ce club. Mais après tout ce qui s'est passé la saison dernière, je ne regrette absolument pas mon choix d'être parti. Bayonne, c'était évident : je connais très bien la région, mes parents ont une maison à Saint-Pée sur Nivelle, toute la ferveur autour de ce club je la connaissais avant de m'engager. Jouer pour le maillot, se donner à fond pour un club, ici c'est important. Ça l'est tout autant pour moi, je ne le manifeste peut-être pas beaucoup mais j'y attache de l'importance: ici, tout tourne autour du rugby, on ne peut pas rester insensible quand on rentre sur la pelouse de Jean-Dauger, que le stade est plein, ça donne des frissons et encore plus envie de mouiller le maillot. C'est vrai, je suis peut-être de l'ancienne école : le rugby a évolué, il y a énormément de cultures dans les clubs, il faut s'adapter un petit peu à toutes ces cultures, faire un mixte. Demeure une constante : s'il n'y a pas de solidarité et d'abnégation au sein d'un groupe, on n'arrive pas à jouer au rugby. Ce petit grain de folie qu'il doit y avoir entre nous doit perdurer dans le rugby. 

  • Sa passion : nature et naturel

Je suis un fou de nature, j'aime aussi bien me balader en montagne, aller à la pêche à la truite, à la chasse à la bécasse avec mon chien. Ce sont mes passions et mes seuls moments où je me libère l'esprit et ne pense plus au rugby, je me retrouve seul dans la nature. Ici, au Pays Basque, j'ai retrouvé quelques repères : je ne connaissais pas la pêche en mer, je m'y suis mis à Saint-Jean de Luz. Comme la chasse à la palombe sur les hauteurs de Saint-Pée sur Nivelle. Je viens de la campagne, le premier cinéma était à 30 kilomètres, il n'y avait pas énormément de choses à faire sinon à passer son temps en pleine nature.