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 12/07/2013 - Portrait: tout l'art de Dwayne

Auteur d'une dernière saison époustouflante, Dwayne Haare (33 ans, 1,92m, 105 kg) entame sa septième campagne sous le maillot de l'Aviron. Les secrets d'une belle longévité

1. L'homme: Néo-Zed' et fier de l'être

Je suis né à Otahuhu, une petite ville juste à côté d'Auckland. Mon père est maori, ma mère a des racines fidjiennes mais nous sommes Néo-Zélandais et fiers de l'être. Chez nous, toutes les nationalités se côtoient, nous sommes ouverts, multiculturels, davantage qu'ici en France. Quand je pense à la Nouvelle-Zélande, deux choses me reviennent : la nourriture, tous ces produits auxquels nous sommes habitués depuis tout petit et que nous ne trouvons malheureusement pas ici. Et bien évidemment ma famille, mes parents, mes deux frères. Aujourd'hui, une partie de ma famille est restée en Nouvelle-Zélande, l'autre est en Australie. Quand je rentre, je me partage. Pour vivre je préfère ici.

2. Son intégration en France

Je suis arrivé en 2005, j'ai d'abord disputé deux saisons à Narbonne et depuis six ans, je suis à Bayonne. A l'époque j'avais le choix entre ici et l'Irlande, le sud de la France par rapport à l'Irlande ce n'est pas difficile. Je suis content d'être à Bayonne. Ce n'était pas la peine de quitter la Nouvelle-Zélande, de venir s'installer en France si c'était pour rester dans son coin et ne pas faire l'effort de s'intégrer. Avec ma femme, nous souhaitions rapidement nous ouvrir. C'est Néo-Zélandais, on est tous comme ça, on est « gentils » , on a l'habitude de parler avec n'importe qui, d'accueillir n'importe qui. Si les Néo-Zélandais sont aussi appréciés partout dans le Monde, ce n'est pas un hasard ! Le plus dur a été ma première année, aussi quand Joe (Rokoçoko), Neemia (Tialata) et Sione (Lauaki) sont arrivés au club en 2011, je suis allé vers eux, je savais les difficultés qu'ils pouvaient éprouver : d'un coup tu te retrouves seul, sans repère, sans famille, je savais que ça allait être compliquée. Six mois après leur installation, ils sont venus me remercier. Les gens ne s'en rendent sans doute pas compte mais franchement la première année est la plus difficile. La finalisation de l'intégration, c'est le passeport. Désormais, j'espère devenir français et obtenir la double nationalité, franco-néo zélandaise. J'ai entrepris des démarches, je dois passer un test de langue. Je ne renierai jamais ma nationalité néo-zélandaise, pas plus que mon héritage. Mais c'est important pour moi d'être un jour Français, ça le sera encore plus pour mes enfants. Si après ma carrière on parvient à s'installer ici, les choses seront facilitées. 

3. Son jeu: le plaisir avant tout

Même si le rugby est devenu mon métier, je joue toujours pour le plaisir, je veux apprendre, progresser. Même à 50 ans, je voudrai apprendre des choses pour être meilleur. Aujourd'hui je préfère jouer numéro 8 parce que je pense avoir fait le tour de la question à l'aile de la troisième ligne. En 8 j'apprends toujours, je suis en quête de conseils. Quand Sione Lauaki est arrivé, je comptais beaucoup sur lui, c'est pour moi l'un des meilleurs numéro 8 au monde, j'étais convaincu qu'avec lui nous réussirions. Je joue pour l'équipe, pas pour moi. Tous les joueurs de rugby aiment le défi, parfois ça tombe sur moi... C'est mon boulot : un bon plaquage, un gros raffut, j'aime ça, je prends du plaisir. On ne rentre pas sur un terrain pour s'embrasser ! Et après cela, c'est toute l'équipe qui s'envoie. Mais attention, je reste pragmatique : c'est bien beau de mettre sur le cul ton adversaire comme la saison dernière Wasps ou à Paris. Mais on a ensuite perdu ces deux matches, ça n'a pas servi à grand-chose !

5. Sa passion : le golf plus que tout

Tout le monde a sa passion, moi c'est le golf, je joue beaucoup. Pendant l'été ça devient presque une maladie. J'ai 16 de handicap, je suis moyen mais acharné. Même quand il fait mauvais, je ne peux pas m'arrêter. J'apprécie le golf parce que c'st radicalement différent du rugby : on ne compte que sur soi. J'y vais aussi avec les copains, c'est agréable, on parie, on fait des blagues, on passe toujours de bons moments.