26/06/2013 - Christophe Deylaud: "Ma chance, c'est le rugby"

 A travers notre feuilleton, pénétrez dans l'intimité de Christophe Deylaud, le co-entraîneur de l'Aviron Bayonnais, joueur fabuleux des du RC Toulon puis du Stade Toulousain (champion de France en 1994, 1995, 1996 et 1997), international à 16 reprises, devenu ensuite entraîneur à Agen au début des années 2000... en compagnie de Christian Lanta. Secret, taiseux, il a accepté de se livrer dans un auto-portrait

Je suis Toulousain, j'ai vécu pendant très longtemps à Portet-sur-Garonne. Mon père était ouvrier, il travaillait dans le grillage. Ma mère était concierge, sur les ragots elle était la meilleure. J'ai passé une enfance heureuse, mes parents m'ont très bien éduqué, je les en remercie chaque jour. Je fais partie des autodidactes : je n'ai aucun diplôme, on m'a mis le carton rouge dans les études pour aller bosser, je me suis retrouvé assez rapidement sur le marché du travail. A 16 ans je bossais dans une scierie. Ma chance, c'est le rugby.  J'avais quelques qualités, le club de Portet m'a fait rentrer à la mairie, j'ai rapidement passé le diplôme d'éducateur sportif puis d'entraîneur. Ce qui m'a permis, jusqu'en 2008, d'exercer en marge du rugby, ma profession d'éducateur sportif dans les écoles primaires des quartiers de Toulouse.

"S'il y a bien un côté de ma personnalité qui n'a pas évolué c'est celui-là: je n'ai aucune ambition"

Quand je repense à mon enfance, je revois mes copains, le côté agréable des années 70-80, ma jeunesse, les petits villages, les "Petits Gaulois". Nous étions tous des "Petits Gaulois", quand on se rencontrait, c'était la guéguerre contre des villages. C'était une autre époque, même si aujourd'hui les enfants s'éclatent, l'évolution des moyens de communication, des jeux, etc. font qu'ils sont moins souvent dans la rue. Je vivais dans un immeuble, j'avais déjà la bougeotte, j'avais vite fait le tour de l'appartement, je le connaissais de fond en comble. Ma priorité, c'était de jeter le cartable, prendre le ballon et filer dans la rue. Il fallait que je sois au contact de mes copains.

J'ai vécu de la meilleure des façons même s'il reste une frustration d'un point de vue scolaire. Cela me travaille encore, je ne veux surtout pas la transmettre à mes enfants. Bien sûr que le rugby m'a permis de m'épanouir, de me construire en tant qu'homme, en tant que sportif. Si je n'étais pas devenu joueur de rugby je serai resté l'enfant du village, j'aurai bossé toute ma vie à la Mairie de Portet et j'aurai pris mon plaisir. Le paradoxe c'est que s'il y a bien un côté de ma personnalité qui n'a pas évolué c'est celui là : je n'ai aucune ambition. Les aléas de la vie m'ont permis de progresser, d'évoluer, j'ai saisi des opportunités. La vie m'avait donné un petit coup de baguette magique pour être pertinent et bon dans le sport. Alors j'en ai profité.

La suite: Christophe Deylaud, le rugbyman.