28/03/2013 - Lutte antidopage: comment les joueurs bayonnais sont contrôlés?

Mercredi, l'agence française de lutte contre le dopage, par l'intermédiaire de Françoise Lasne, sa directrice du département des analyses, présentait le rugby comme un sport désormais particulièrement exposé au regard des résultats « anormaux » au cours de contrôles antidopages pratiqués pendant l'année 2012. A l'Aviron Bayonnais, sous la responsabilité de son médecin, le Docteur Jacques Manic, la prévention des pratiques déviantes est une tâche quotidienne

Avec cette saison cinq contrôles inopinés mandatés par l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) en plus des trois bilans sanguins effectués dans le cadre du suivi longitudinal (FFR-LNR-AFLD), les joueurs de l'effectif professionnel de l'Aviron Bayonnais, au même titre que les autres clubs du Top 14, font l'objet d'un suivi régulier. « Je n'ai pas l'impression il y ait une majoration de l'utilisation de produits illicites » explique le Docteur Jacques Manic, le médecin de l'Aviron et représentant des clubs du Top 14 à la commission médicale de la Ligue Nationale de Rugby (LNR). « Fort heureusement, il n'y a pas de système de dopage organisé dans le rugby. Mais attention, on demande de plus en plus aux joueurs, des cas se produisent dans tous les sports, pourquoi le rugby serait-il à l'abri? Avec le suivi tel qu'il est mis en place, les joueurs seront de moins en moins nombreux à pouvoir passer entre les mailles du filet. Nous ne sommes néanmoins pas à l'abri de pratiques isolées d'une brebis galeuse ».

Concrètement, un joueur de l'effectif professionnel de l'Aviron Bayonnais est contrôlé de trois manières :

  • le suivi longitudinal mis en place par la FFR, la LNR et l'AFLD. A raison de trois bilans sanguins effectués chaque saison, le profil hématologique du joueur est connu, analysé et la moindre entorse peut immédiatement être remarquée.
  • à l'entraînement ou en match, l'AFLD peut diligenter des contrôles inopinés. Un médecin préleveur se présente alors au stade, il tire au sort le nom des joueurs qu'il souhaite contrôler. Ces contrôles sont aussi bien urinaires que sanguins. Le nombre de joueurs contrôlés varie de 3 à 7 joueurs. Dans certains cas, tout l'effectif peut être contrôlé. Pour la saison en cours, l'Aviron Bayonnais a été contrôlé à 5 reprises : deux fois lors des entraînements et trois fois à l'issue d'une rencontre.
  • enfin, un joueur appelé « cible » représente l'ensemble de l'effectif. Au quotidien et comme tous les autres joueurs du « groupe-cible », il doit informer l'AFLD de son emploi du temps et de sa géo-localisation à travers le système ADAMS.

En début de saison, chaque joueur s'est engagé , par écrit, à respecter le protocole anti-dopage au sein du club. La prévention est quotidienne quant à l'utilisation des compléments alimentaires. « J'effectue un entretien individuel chaque saison avec chaque joueur » précise Jacques Manic. « On joue carte sur table: il m'indique quels sont les compléments qu'il utilise, il me les montre et je les analyse. Certains sont dangereux, dans ce cas je les interdis. Les joueurs sont désormais habitués à la consommation de compléments alimentaires protéinés, ils sont du coup demandeurs de conseils. Sur internet circule un nombre considérable de produits, aussi je surveille la composition de chacun d'entre-eux. Pas plus tard qu'hier, nous avons reçu une information de la FFR sur un complément dangereux en terme de santé publique. Les joueurs ont immédiatement été informés, ce produit chez nous est interdit ».

Jacques Manic se veut ainsi rassurant: "je suis pour l'échange et la concertation entre le joueur qui a ses propres intérêts, sa sensibilité personnelle à bénéficier d'une aide à la performance et l'encadrement qui doit veiller en permanence".