01/03/2013 - Un bien triste derby basque

Le rugby basque attendait ce vendredi soir sa grande fête, mais le derby a déçu dans les grandes largeurs à Jean-Dauger, où pour la première fois depuis l'après-guerre, l'Aviron Bayonnais et le Biarritz Olympique se quittent dos à dos sur un match nul (6-6)

"Un match nul dans tous les sens du terme." C'est Dimitri Yachvili en personne qui finira par l'avouer au micro de Canal+ Sport. Le 104e derby basque de l'histoire pouvait accoucher d'un inédit doublé de l'Aviron Bayonnais qui, vainqueur du match aller à Aguiléra, rêvait de dominer une seconde fois son rival et voisin biarrot. Les deux frères ennemis ont bien écrit l'histoire ce vendredi, à Jean-Dauger, lors de ce match retour, mais en se quittant sur le premier score de parité (6-6) entre les deux équipes depuis l'après-guerre.

En toute logique, pourrait-on dire, entre deux formations qui, loin de jouer pour gagner ce derby, ont surtout joué pour ne pas le perdre. Bayonne et Biarritz peuvent bien évoluer dans le ventre mou de ce Top 14, loin de la tension et des enjeux des grands rendez-vous entre ténors, ni l'Aviron, ni le BO n'auront su s'affranchir d'une tension qui aura tué le jeu. Pour un spectacle d'une grande pauvreté et un temps de jeu effectif qui peinera à atteindre les vingt-cinq minutes…

L'Aviron laisse échapper 12 points au pied

Inspirés par le formidable engouement de son public, auteur d'un Vino Griego plus intense que jamais, les Bayonnais se lancent à corps perdu dans ce derby. Plus puissant à l'impact, l'Aviron est l'équipe qui avance dans cette entame de match et qui occupe le terrain d'un adversaire biarrot déjà sous l'éteignoir. Des intentions que Jacques Louis Potgieter, le buteur sud-africain, est en peine de concrétiser avec ces deux échecs coup sur coup (7e, 12e). Quand ce n'est pas la fébrilité, palpable sur quelques ballons tombés et autres munitions égarées, qui empêche le jeu des locaux de prendre de l'ampleur et de venir menacer la ligne adverse. Mais Biarritz subit de manière incontestable, ne saisit pas l'opportunité d'ouvrir le score sur ce premier échec de Dimitri Yachvili (12e) et se commet surtout en fautes répétées. Une indiscipline que Potgieter finit par sanctionner sur ces deux premiers coups de pied réussis (31e, 34e), synonyme d'un premier break (6-0).

Malheureux avant même le coup d'envoi précédé par le forfait de dernière minute de l'arrière Iain Balshaw, victime d'un claquage au mollet, le BO l'est encore avec la sortie sur blessure de son capitaine Imanol Harinordoquy, touché apparemment aux côtes (32e). Des Biarrots capables malgré tout de revenir au score juste avant la pause grâce à l'effort de sa première ligne en mêlée fermée et la première pénalité de la soirée, signée Yachvili (6-3, 40e).

La balle de match manquée à la 75e minute

Pour ne pas avoir réussi à convertir ses bonnes dispositions dans le premier acte, Bayonne reste sous la menace, alors que les débats se crispent un peu plus encore. Même Yachvili n'échappe pas à la fébrilité ambiante et connaît l'échec sur ce drop dès la reprise (41e), puis sur cette pénalité en suivant (50e). Un BO réduit à quatorze suite au carton jaune qui échoit à Fabien Barcella pour l'accumulation de fautes de son équipe. Mais Potgieter rate encore la cible (53e). L'hécatombe se poursuit côté biarrot avec la sortie sur un KO d'Arnaud Héguy (56e). Une hécatombe et une infériorité qui n'empêchent pas Biarritz de rester dans le match et même de revenir au score sur cette grossière faute au sol, signée Tialata, que sanctionne cette fois Yachvili (6-6, 60e). Jean-Dauger s'est éteint, autant devant cette égalisation que pour la pauvreté du spectacle proposé. Une tension qui annihile toute velléité de jeu. L'Aviron aura bien l'occasion de s'imposer sur cette pénalité en bonne position, arrachée par la mêlée bayonnaise, mais malheureusement Cédric Garcia manque les perches à son tour (75e). Et personne n'est content.

Source: sports.fr