22/01/2013 - Portrait: tout l'art de Dwayne

Rencontre avec le troisième ligne de l'Aviron Bayonnais Dwayne Haare (32 ans, 1,92m, 111 kg), l'un des joueurs les plus spectaculaires du Top 14

1. L'homme: Néo-Zed' et fier de l'être

Je suis né à Otahuhu, une petite ville juste à côté d'Auckland. Mon père est maori, ma mère a des racines fidjiennes mais nous sommes Néo-Zélandais et fiers de l'être. Là-bas toutes les nationalités se côtoient, nous sommes ouverts, multiculturels, davantage qu'ici en France. Quand je pense à la Nouvelle-Zélande, deux choses me reviennent : la nourriture, tous ces produits auxquels nous sommes habitués depuis tout petit et que nous ne trouvons malheureusement pas ici. Et bien évidemment ma famille, mes parents, mes deux frères. Aujourd'hui, une partie de ma famille est restée en Nouvelle-Zélande, l'autre est en Australie. Quand je rentre, je me partage.

2. Son intégration en France: le cap de la première année

Ce n'était pas la peine de quitter la Nouvelle-Zélande, de venir s'installer en France si c'était pour rester dans son coin et ne pas faire l'effort de s'intégrer. Avec ma femme, nous souhaitions rapidement nous ouvrir. C'est Néo-Zélandais, on est tous comme ça, on est « gentils » , on a l'habitude de parler avec n'importe qui, d'accueillir n'importe qui. Si les Néo-Zélandais sont aussi appréciés partout dans le Monde, ce n'est pas un hasard ! Le plus dur a été ma première année à Narbonne. Aussi quand Joe, Neemia et Sione sont arrivés, je suis allé vers eux, je savais les difficultés qu'ils pouvaient éprouver : d'un coup tu te retrouves seul, sans repère, sans famille. Je me doutais que ça allait être compliqué. Six mois après leur installation, ils sont venus me remercier. Entre nous c'est normal, les gens ne s'en rendent sans doute pas compte mais franchement la première année est la plus difficile. Je suis maintenant en France depuis 8 ans (2005-2007 à Narbonne et depuis à Bayonne). La finalisation de mon intégration, c'est l'obtention du passeport. J'espère devenir français et avoir la double nationalité, franco-néo zélandaise. J'ai entrepris des démarches, je dois passer un test de langue. Je ne renierai jamais ma nationalité néo-zélandaise, ni mon héritage mais c'est important pour moi, ça le sera encore plus pour mes enfants, de devenir français. .

3. Rugbyman un peu par hasard

J'étais bon élève, j'avais des facilités à l'école. A 17 ans, en quittant le collège, je me suis orienté vers des études d'ingénieur civil, j'ai rapidement décroché le diplôme. Ensuite j'ai travaillé dans un laboratoire d'analyse des matériaux des bâtiments. A 18 ans, je n'avais jamais joué au rugby à XV, juste une petite expérience quand j'avais dit ans au rugby à XIII. J'ai commencé le rugby juste pour le plaisir. Les entraîneurs m'ont remarqué, ils m'ont convaincu de rejoindre la sélection des moins de 21 ans de ma province. Ça se passait bien, je travaillais la journée et je m'entraînais le soir. Deux ans plus tard, ma province a été reléguée en deuxième division. Entre-temps je m'étais pris au jeu du rugby, je ne voulais pas laisser tomber. J'ai tenté ma chance en Australie, je travaillais comme géomètre et en parallèle je jouais à XX puis aux Waratahs.

4. Son jeu: "on n'est pas là pour s'embrasser"

Même si le rugby est devenu mon métier, je joue toujours pour le plaisir, je veux apprendre, progresser. Même à 50 ans, je souhaiterai apprendre des choses pour être meilleur. Aujourd'hui je préfère jouer numéro 8 parce que je pense avoir fait le tour de la question à l'aile de la troisième ligne. En 8 j'apprends toujours, je suis en quête de conseils, j'aime ce poste. Quand Sione Lauaki est arrivé, je comptais beaucoup sur lui: c'est pour moi l'un des meilleurs numéro 8 au monde, j'étais convaincu qu'avec lui nous réussirions. La saison prochaine, si un bon numéro 8 arrive, je serai content de retrouver mon poste de flanker, je joue pour l'équipe, pas pour moi. Tous les joueurs de rugby aiment le défi, parfois ça tombe sur moi... C'est mon boulot : un bon plaquage, un gros raffut, j'aime ça, je prends du plaisir. On ne rentre pas sur un terrain pour s'embrasser ! Mais attention, je reste pragmatique : c'est bien beau de mettre sur le cul ton adversaire comme aux London Wasps ou à Paris. Mais on a ensuite perdu ces deux matches, ça n'a pas servi à grand-chose !

 

5. Sa passion : le golf

Tout le monde a sa passion, moi c'est le golf, je joue beaucoup. Pendant l'été cela devient presque une maladie. J'ai 16 de handicap, je suis donc moyen mais acharné. Même quand il fait mauvais, je ne peux pas m'arrêter. J'apprécie le golf parce que c'st radicalement différent du rugby : on ne compte que sur soi. J'y vais avec les copains, c'est agréable, on parie, on fait des blagues, on passe toujours de bons moments.