08/11/2012 - Christophe Deylaud: "On ne fera pas les pleureuses"

De retour à Jean-Dauger après son opération à la hanche consécutive à une vilaine chute à vélo, Christophe Deylaud, le co-entraîneur de l'Aviron, balaye tous les sujets, du prochain match à Grenoble au jeu actuel de l'Aviron jusqu'aux doublons

Christophe, le dernier déplacement de Bayonne s'est soldé par une très large défaite à Toulon (59-0). Dans quel état d'esprit l'Aviron se déplace-t-il à Grenoble samedi ?
A Toulon, nous avions fait tourner l'effectif. C'est aussi dans ces moments-là que l'on voit le caractère des joueurs. A Grenoble c'est différent, on y va pour essayer de ramener quelque chose. Mais aussi pour continuer à se forger un collectif et un mental de compétiteur. C'est ce qui pouvait manquer depuis le début de la saison. On est en train de progresser là-dessus et c'est dans ce domaine qu'on va voir les vertus de l'équipe. On ne peut pas dire qu'on ait fait de grands matches à l'extérieur cette saison. A part le derby (victoire 16-15 à Biarritz), mais, ça reste le derby. Alors, on aimerait qu'il y ait des derbies tous les week-ends pour avoir des comportements identiques. 

L'Aviron a marqué peu d'essais, cinq en dix journées. Est-ce un motif de préoccupation pour les joueurs ?
Je ne crois pas que ça les perturbe. Moi je les rassure là-dessus. Ce n'est pas un problème de ne pas marquer d'essais. Le problème c'est de savoir si on gagne. J'ai été élevé l'école de la gagne. Gagnons petitement et un jour on gagnera peut être avec un peu plus d'essais.

"On n'est pas à l'avance, on n'est pas à la rue non plus"

Pourtant, malgré de bonnes bases, selon certains entraîneurs le jeu n'est pas flamboyant...
Il faut arrêter avec le jeu flamboyant. Une équipe ne se fait pas en quatre mois. Même pour les Laporte ou n'importe qui d'autre. A Toulon, il a fallu l'effectif plus deux ans et demi. Landreau a bien construit aussi, mais depuis trois ans, avec Grenoble. Ils n'ont pas réussi du jour au lendemain. Nous, on est là depuis quatre mois. On reconnaît qu'en terme de jeu, on ne va pas au bout ce que qu'on veut faire. Mais comptablement on est encore dans les clous. On n'est pas en avance mais pas à la rue non plus. Comptablement, on est dans les clous. Il faut attendre ce déclic. Et ce déclic, il peut se produire en match ou sur des entraînements. Il n'y a pas que les matches...

Que vous inspire ce promu grenoblois ?
C'est l'équipe surprise pour le grand public, mais moi, je ne suis pas surpris. Elle s'est bien préparée dans le championnat de Pro D2 ces trois dernières années, elle a totalement dominé la saison dernière. Avec des joueurs qui venaient du Top 14 ou de l'hémisphère sud. Et là, les Grenoblois se sont encore renforcés. Ils n'ont fait qu'améliorer cet effectif. Ils sont convaincus de ce qu'ils font dans leur jeu. Ils marquent des points au classement mais aussi sur le terrain.
 
Et l'Aviron devra faire sans plusieurs joueurs ...
Mike  Phillips est en sélection, Jacques-Louis Potgieter (cheville), Cédric Heymans (cuisse) et Gabiriele Lovobalavu (mollet) sont blessés, c'est vrai.   Mais ne soyons pas une équipe qui pleure, ne soyons pas comme certains entraineurs. On a un effectif de qualité, on fait avec les joueurs présents. Espérons qu'ils donneront le meilleur d'eux-mêmes et qu'ils seront efficaces. Et on ne fera pas les pleureuses.