15/06/2012 - Christian Lanta:"L'Aviron Bayonnais nous correspond"

Lundi matin c'est la reprise de l'entraînement pour les joueurs et l'encadrement de l'Aviron Bayonnais. Avec dès le lendemain le départ de huit semaines de préparation estivale. Christian Lanta, le nouveau manager des Ciel et Blanc, détaille le sens de son engagement à l'Aviron. Et fixe déjà des premiers objectifs

Avant tout Christian, à quoi pensez-vous quand on vous cite le nom de l'Aviron Bayonnais ?
Un club de tradition. Je ne verse pas dans la démagogie en disant cela mais l'Aviron Bayonnais a accompagné ma jeunesse, c'est un club qui a traversé l'histoire comme ces sept ou huit grands clubs qui ont fait l'histoire du rugby français. De l'extérieur, l'image est avant tout traditionnelle avec une forte identité. Le club n'a jamais perdu ses valeurs, son caractère culturel. Je crois également beaucoup au stade dans la ville. C'est très important.

Ces facteurs pèsent-ils au moment de rejoindre l'Aviron Bayonnais ?
Forcément. Quand on est entraîneur, la priorité est de ne pas perdre ses propres valeurs. On ne peut pas devenir quelqu'un d'autre, il faut rester soi-même, avec ses convictions, ses idées, ses méthodes. Bayonne correspond à ce que nous savons faire, ce que nous sommes nous-mêmes. Ici, à Bayonne, on se donne beaucoup plus de chances de réussir.

"Ici à Bayonne, nous nous donnons beaucoup plus de chances de réussir"

Qu'est-ce que qui vous fait dire cela ?
La réussite ne se quantifie pas en terme de titres sinon à part Toulouse peu d'équipes réussiraient. Malgré le beau parcours que nous avons pu réaliser avec Agen, nos ambitions étaient limitées, nous nous heurtions systématiquement à une forme de barrière. Bayonne allait nous offrir cette possibilité d'atteindre nos objectifs. L'ambition du club, le discours d'Alain Afflelou, la qualité de l'effectif : nous sommes persuadés que si nous pouvons réussir, c'est ici à Bayonne. Nous avons tout pour réussir. Les choses se font étape par étape. Quand on termine la saison à la 12e place, on ne peut décemment pas annoncer vouloir atteindre le Top 6 la saison suivante. Mais à moyen terme, cela doit être notre objectif.

A Agen, le duo que vous constituez avec Christophe Deylaud s'est inscrit dans la durée. Ici, vous repartez de zéro. Ressentez-vous une sensation particulière ?
Je ressens une vraie attente de toutes les parties : les dirigeants, le public, les actionnaires, l'ensemble du Pays Basque. Il y a une attente de réussite pour l'Aviron Bayonnais. Même de l'extérieur, on sent que ce club est dans les starting-blocks. Ça ne demande qu'à démarrer.

"L'histoire de ce groupe, le vécu des joueurs, c'est un levier, un tremplin"

Votre recrutement a été très ciblé…
Il était d'abord important de préserver l'effectif. Et ce, quelque soient les évènements de la fin de saison dernière : nous souhaitions donner une chance réelle à tous ces joueurs. On peut dire ce qu'on veut mois quand on voit les deux derniers mois de l'Aviron Bayonnais, les joueurs se sont pris en main, ils ont réussi à sauver le club de la relégation. Je retiens la performance à Castres (défaite 31-29). C'est un repère important, la preuve que ce groupe a compris beaucoup de choses, les joueurs n'ont pas lâché. D'autres équipes, avec le maintien en poche, auraient lâché la dernière journée. Là non. Les joueurs avaient alors conscience de la responsabilité qui les habite. Partant de là il convenait d'amener un renfort à des postes un peu moins riches. C'est donc un recrutement ciblé.

Comptez-vous vous appuyer sur ce match de Castres ?
L'histoire de ce groupe, le vécu des joueurs, on va l'utiliser. Ce serait une erreur que d'occulter cette fin de saison et de tout oublier. C'est un levier, un tremplin en vue de la saison future. L'état d'esprit développé par les joueurs, nous devons le maintenir et le développer.

"Dès lundi ce sera sérieux, goût de l'effort, cohésion, entraide dans les moments difficiles"

L'Aviron Bayonnais vient de remporter deux titres de champions de France en juniors Reichel et cadets Gaudermen. A Agen, vous vous êtes énormément appuyés sur la formation. Comptez-vous faire de même ?
Nous avons pris le temps de rencontrer tout le monde, il est évident que nous allons nous appuyer sur le travail réalisé par des garçons que je connais bien qu'il s'agisse de Nicolas Morlaes, de Fred Tauzin. Il y a deux titres de champion de France, un quart de finale chez les Crabos. On sent ce vivier. Ça tombe bien, cela nous correspond. Il y aura un travail commun effectué entre le centre de formation et l'équipe une. Un club comme Bayonne doit s'inscrire dans ce processus. Il ne pourra pas concurrencer les grosses cylindrées sans une formation performante.

Lundi matin, l'équipe se retrouve à Jean-Dauger pour entamer huit semaines de préparation avant la reprise du Top 14. Quel va être votre discours ?
Le message sera décalé dans le temps. Il n'apparaitra qu'au terme des trois premières semaines, quand nous débuterons le rugby. Néanmoins, j'aime bien qu'on se mette vite dans l'entraînement. Dès lundi ce sera sérieux, goût de l'effort, cohésion, entraide dans les moments difficiles de la préparation.